ENVIRONNEMENT OR et MERCURE en GUYANE FRANÇAISE
Vous trouverez dans la section « Information et Bulletins » une note de synthèse qui sera remise en mains propres ce début avril 2003 à Madame Rosine Bachelot, ministre de l’environnement, à titre d’illustration du respect de l’environnement en Guyane, puisque la visite en Guyane de la ministre concerne ce sujet.
Ce sujet de l’or et du mercure est à suivre absolument sur ce site car, ultérieurement, divers éléments seront annexés à cette note de synthèse.
Ils démontrent qu’en France, on est parfois loin de la France ! La ruée vers l’orhaut de page
La ruée vers l’or en Guyane, sujet très actuel, fait ressembler certaines zones de Guyane au Far West américain du siècle dernier ou au Far West brésilien contemporain.
On y retrouve : l’or, sujet principal, avec tous ses à-cotés de violence : l’attaque des placers, les meurtres pour quelques grammes d’or, les poteaux de torture, les armées privées, l’attaque des campements de la cavalerie (pardon, de la gendarmerie), les expéditions sur le terrain de ces forces armées permettant de brûler les paillotes et de détruire le matériel de cuisine ou autre.
On y retrouve les saloons locaux avec la prostitution, la drogue, l’alcool cher (une Heineken pour un gramme d’or).
Par contre, on ne retrouvera pas dans les éléments annexés, les à-cotés politico-économiques. Nous ne nous aventurerons pas sur ce sujet.
Est ce de la science fiction ?haut de page
Si vous pensez qu’il s’agit là de fiction romanesque, consultez les nombreux articles parus les années précédentes dans l’Express, le Point, le Figaro, Libération, l’Humanité et même dans des médias, peu discutables, comme le Monde et le Monde Diplomatique.
Vous trouverez aussi ultérieurement en annexe les arguments médicaux concernant l’intoxication chronique par le méthylmercure du système nerveux central des populations traditionnelles de l’intérieur de la Guyane, et peut-être plus tard des populations littorales, donc de nous même…
Si certains de nos propos vous paraissent déjà aberrants, ne cherchez pas plus loin – c’est que nous somme déjà intoxiqués sans oser y croire.
Allez donc lire le synthèse sur le mercure en Guyane dans la section URMLG, Informations et Bulletins.
La DENGUE Vue par le Centre National de Référence (Institut pasteur) de la Guyane des arbovirus et virus influenza de la zone Antilles–Guyane
DEFINITION La dengue est une maladie virale transmise par des moustiques hématophages du genre Aedes (Aedes aegypti en Guyane et dans la zone Caraïbe) et représente la plus fréquente des arboviroses. Les moustiques s’infectent sur des malades présentant une circulation sanguine du virus. Une dizaine de jour est ensuite nécessaire à aedes avant de devenir infestant. L’agent infectieux est le virus de la dengue (DEN); virus enveloppé à ARN de polarité négative, membre de la famille des flaviviridae (genre flavivirus). Les virus de la dengue se classent en quatre types sérologiquement définis (DEN-1, 2, 3 et 4) ne présentant pas d’immunité croisée au delà de quelques semaines. L’être humain représente à la fois le principal réservoir naturel pour les virus de la dengue et le disséminateur de la maladie. CLINIQUE et THERAPEUTIQUEhaut de page
Cliniquement, la dengue peut se présenter sous des formes inapparentes, des formes bénignes d’évolution spontanément favorable en une dizaine de jours et des formes sévères dont font partie les formes hémorragiques avec ou sans syndrome de choc, les hépatites ou les encéphalites. Le mécanisme physiopathologique majeur au cours d’une dengue hémorragique est une fuite plasmatique par augmentation de la perméabilité vasculaire pouvant aboutir dans certains cas à un choc hypovolémique irréversible. Le traitement est symptomatique à base d’antalgiques antipyrétiques comme le paracétamol. L’aspirine (acide acétylsalicylique) est contre-indiquée en raison du risque d’hémorragies. Les myalgies et arthralgies sont soulagées par des myorelaxants décontractants tels que le diazépam. Chez l’enfant dont la température est supérieure à 39°C, les convulsions sont prévenues par le diazépam. Au niveau MONDIALhaut de page
Cette arbovirose sévit principalement dans la zone inter-tropicale et affecte plusieurs millions d’individus chaque année avec une mortalité et une morbidité importantes chez les enfants. On observe depuis quelques années, une propagation du virus dans le Pacifique Sud, en Afrique de l’Est et en Amérique du Sud. Des facteurs écologiques et socio-économiques peuvent expliquer en partie la diffusion de la dengue : urbanisation anarchique en zone tropicale créatrice de gîtes larvaires périurbains et échanges multilatéraux ont favorisé la diffusion du virus par le déplacement des personnes virémiques et de moustiques infectés. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 100 millions de personnes sont atteintes par cette maladie chaque année, environ 500.000 personnes sont hospitalisées et plus de 25.000 en meurent, principalement les enfants. La dengue constitue donc le plus sérieux problème de santé publique posé par les arboviroses. La dengue est endémo-épidémique en Amérique du Sud. Il semble qu’elle soit présente en Guyane depuis plus d’un siècle. Il semble qu’elle soit présente en Guyane depuis plus d’un siècle. Les premiers cas furent confirmés en 1965 dans le département. Plusieurs épidémies dues aux sérotypes 1, 2 ou 4 se sont succédées en 1968/69, 1970, 1972, 1976, 1982, 1986 et 1992 (1). Depuis le début des années 1980, la fréquence des formes sévères augmente en Amérique du sud, faisant de la dengue une des priorités d’action sanitaire. Les épidémies de dengue hémorragique se sont succédées depuis l’épidémie de Cuba en 1981.
en GUYANEhaut de page
Les quatre sérotypes ont circulé en Guyane française depuis 1986 ce qui fait de la Guyane une région endémique. Chacun d’entre eux a été à l’origine d’une épidémie : le sérotype 2 a été à l’origine de l’unique épidémie de dengue hémorragique en 1991/1992 avec plus de 2948 cas suspects déclarés, 847 confirmés dont 6 décès (2). Les sérotypes 1 et 2 ont co-circulés en 1996/1998, le sérotype 3, apparu en décembre 1999 a circulé sur la mode épidémique en 2001/2002. Le sérotype 4 a quant à lui eu une circulation plus discrète, marquée seulement par un léger pic d’incidence en 1994. En 2001, une grande épidémie de dengue-3 est survenue en Guyane. Les premiers isolements du sérotype 3 datent de décembre 1999. Il s’est écoulé 18 mois entre la mise en évidence de la circulation du sérotype 3 dans le département et le début de l’épidémie en mai 2001. L’épidémie a duré de février 2001 à juillet 2002, soit 18 mois. L’acmé de l’épidémie a été atteinte mi-mai 2001 avec une incidence hebdomadaire de 23 cas en moyenne mobile. Entre le début de l’épidémie et la fin du pic épidémique, soit entre février et octobre 2001, 85% des souches isolées par le CNR étaient des virus dengue-3 et 493 cas de dengue ont été confirmés représentant 38,8% des 1270 cas déclarés sur l’ensemble de la période d’étude de juillet 1999 à août 2002. BIBLIOGRAPHIEhaut de page
FOUQUE F, REYNES JM, MOREAU JP. Dengue in French Guyana, 1965-1993. Bulletin of PAHO 1995; 29(2) : 147-155. REYNES JM, LAURENT A, DEUBEL V, TELLIAM E, MOREAU JP. The first epidemic of DHF in French Guyana. Am. J. Trop. Med. Hyg. 1994 ; 51 (5) 545-553.
l’Institut Pasteur de la Guyane: www.pasteur-cayenne.fr
La Télé Médecine pour réduire la « fracture sanitaire » en Guyane
Une expérience de télé-médecine, tentée depuis un an sur quatre centres de santé iso-lées de Guyane, va être élargie pour tenter de réduire la fracture sanitaire dans un dépar-tement où l'accès aux soins est souvent problématique. Le centre hospitalier de Cayenne a obte-nu en effet le feu vert du ministère de la Santé pour étendre le dispositif de télé-médecine car satellite à huit autres sites.
Le Samu de Guyane, coordinateur du dis-positif, vient de lancer les appels d'offre pour commander d'autres valises portables de 7Kg, fruit d'un an de partenariat avec le Centre national d'études spatiales (CNES). La valise contient notamment un appareil-photo numé-rique, qui s'adapte sur un microscope, et un ordinateur portable associé à un système de transmission Inmarsat, un téléphone GSM et un GPS.
Des fonds européenshaut de page
Les 1,4 million d'euros financés par des fonds européens et le ministère de la Santé permettront de procéder à l'extension de la télé-médecine à la fin de l’année. Le Samu de Martinique, où sont envoyés les deux tiers des évacuations sanitaires, ainsi que le centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly (banlieue de Cayenne) seront intégrés au dispositif. "Le meilleur équipement médical d'un hôpital ne suffira pas à réduire la fracture sanitaire dans un département habité par 200.000 habitants inégalement répartis sur une surface de 90.000 km2. Par ailleurs, les deux tiers du territoire ne sont accessibles qu'en pirogue ou par voie aérienne", explique Thierry Le Guen, médecin au Samu de Guyane et responsable médical de l'opéra-tion.

Reliés à un serveur central en métro-pole via le satellite Inmarsat, les quatre centres de santé d'Antecume-Pata, Maripasoula, Saint-Georges et Trois-Sauts, ont transmis aux spécialistes à Cayenne des données en parasitologie, cardiologie et dermatologie : images de goutte épaisse pour un éventuel paludis-me, photographies d’affections dermatolo-giques, électrocardiogrammes etc. Le système a rompu notre isolementhaut de page
"Quand plusieurs jours en pirogue ou heures d'hélicoptère étaient nécessaires pour acheminer les prélèvements jusqu'à nos laboratoires, nous avons pu poser des dia-gnostics dans l'heure", rappelle Thierry Le Guen. "En plus de l'aide au diagnostic, ce système a rompu notre isolement, et a réduit les délais de commande de produits pharmaceutiques", témoigne l'infirmier Régis Bettinger, qui travaille avec deux agents de santé à Trois-Sauts, un village de l'Oyapock (est, frontalier du Brésil), habité par des Amérindiens Oyampis.
Le médecin du Samu de permanence au centre hospitalier de Cayenne consulte doré-navant tous les matins sur un ordinateur spé-cialement dédié les données envoyées depuis les centres de santé. "Nous recevons un à deux dossiers par jour", explique Thierry Le Guen. Avec 200 dossiers envoyés en un an sur 400 au total, le centre de santé de Trois-Sauts bat ainsi tous les records. Les diagnostics réalisés à distance ont pu éviter le recours à trois évacuations sani-taires par hélicoptère qui reviennent à envi-ron 6.000 euros chacune.
Malgré les pannes, l'année d'expérimen-tation a confirmé la qualité des images trans-mises et la fiabilité du système dans un envi-ronnement difficile (forêt équatoriale, impor-tant taux d'humidité, etc.). En dermatologie notamment, la télé consultation est pratique-ment aussi performante qu'une consultation classique.
La démographie médicale libérale en Guyane (Juin 2003)haut de page Vue par le Syndicat des Médecins de la Guyane
L'état des lieux en Guyane :
L'état des lieux retracé dans le document préparatoire de la DSDS révèle un bilan particulièrement calamiteux de la santé en Guyane : · Les indicateurs sanitaires classiques montrent de façon constante une situation sanitaire dégradée par rapport à la moyenne nationale · La démographie, la précarité et l'accès au soins sont des déterminants majeurs de l'état de santé des guyanais. · L'espérance de vie est en moyenne 4 ans inférieure à la moyenne nationale.
Le conseil national du sida (mars 2003) décrit une situation dramatique et des inadaptations cruelles du système : · Le taux d'incidence cumulée dépasse 499 pour 100 000 en Guyane à comparer au 137 pour 100 000 de la Martinique. · 18 fois plus de cas que dans l'Hexagone.
Malheureusement si le " projet de loi de programme pour l'OutreMer " s'oriente sur 3 idées fortes · Encourager la création d'emploi, · Favoriser la relance de l'investissement privé, · Renforcer la continuité territoriale entre les collectivités d'outre-mer et la métropole,
Rien dans le texte n'évoque les conditions dégradées d'accès aux soins d'une population, ni le fait que la santé soit un secteur économique potentiel.
Pourtant le service " Etudes et Statistiques Antilles Guyane " (Janvier 2003) dans son numéro sur la démographie paramédicale en Antilles Guyane décrit des besoins criants : · en Infirmières et infirmières spécialisées, en Aides soignants · en Masseurs Kinésithérapeutes, en Manipulateurs en électro-radiologie · et les autres : Techniciens de laboratoires, orthophonistes, etc.…
De plus, lors de la présentation des premières conclusions sur le " projet de loi quinquennal en santé publique", tous les élus (sénateurs et députés), les directions de la DSDS et de la DSP, ont mis en exergue la raréfaction des médecins en Guyane et l'absolue nécessité d'endiguer le phénomène à très court terme.
Pour tous les acteurs de la vie politique et économique, on ne peut concevoir un réel développement de la région sans un secteur médical adapté et de bon niveau.
Comment comprendre que la consommation médicale moyenne d'un Guyanais est 3 fois moindre que celle d'un habitant de l'hexagone (530 euros en Guyane et 2000 euros en métropole) alors que tous les indicateurs sanitaires sont dans le rouge !
L'actualisation de la densité des médecins libéraux pour 100 000 habitants a été faite par le Syndicat des Médecins de la Guyane à partir des sources Insee et CPAM (avril 2003) en comparant aux chiffres de janvier 2002. haut de page
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Guyane 2003 (2002) |
Guadeloupe |
Martinique |
Métropole |
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Généralistes |
36(41) |
73 |
79 |
115 |
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Spécialistes |
24(26) |
52 |
44 |
85 |
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Total densité / 100 000h |
60 |
125 |
123 |
200 |
Le déficit, qui se majore, est évident: La Guyane est le département le moins médicalisé de France, la proportion est de 1 à 3,5. La Guyane est la région d'outre-mer la moins médicalisée, la proportion étant de 1 à 2.
Comment rendre attractive la venue de nouveaux médecins en Guyane ? Comment garder ceux qui y exercent ?
Les pistes à explorer:
- Tous les éléments précédents confirment la particularité de l'exercice médical en Guyane. Si on parle de conditions spécifiques d'exercice dans certaines zones comme les régions de montagne, on devrait tout autant parler des conditions particulières d'exercice dans le bassin Amazonien.
- La formation des professions de santé nécessite au moins un déplacement par an sur l'hexagone. La prise en charge d'un vol aller/retour par année semblerait totalement justifiée.
- Des mesures fiscales doivent être étudiées. Ainsi les mesures incitatives faites envers d'autres professions pourraient servir de référence. L'allègement de la taxe professionnelle pour les entreprises de moins de 5 salariés est prévu.
- Les aides aux regroupements préconisées par le professeur Berland dans la " mission démographie santé " devraient être très appuyées.
- La rémunération des actes de la nomenclature générale de la Sécurité Sociale est actuellement fixée à +10% aux Antilles-Guyane pour +20% à la Réunion, par rapport à la Métropole. haut de page
- Ceci est déjà anormal compte tenu du coût de la vie plus chère en Guyane : C'est ainsi que pour un indice de coût de la vie établi à 100 pour la région parisienne (qui n'est pas la région la moins chère), le même indice vaut 105 en Martinique et 106.3 en Guadeloupe tandis que la Guyane vaut 116.3. Ajoutons que la Réunion a un indice de 111.4.
- La rémunération des médecins recrutés dans le secteur public en Guyane est fixée à +40% par rapport à l'hexagone.(annonces de " Impact Médecins ")
- Dès lors comment expliquer le maintien de la zone tarifaire de la région Guyane basée sur une entité Antilles-Guyane en sachant que les tarifs médicaux conventionnés à l'île de la Réunion sont supérieurs ?
- En conséquence, le rattrapage de la zone tarifaire sur les chiffres du secteur public de +40% constituerait un objectif totalement cohérent et utile pour limiter la perte des professionnels de santé. Le précédent réunionnais existe et le découplage de la Guyane à la zone Antillaise ne ferait que correspondre à la réalité.
- En comparant avec les médecins du secteur hospitalier, les " libéraux " s'interrogent sur cette situation à deux vitesses, alors qu'ils sont les seuls à ne pas pouvoir prétendre bénéficier des mesures de RTT ou de repos compensateur .
- Comment comprendre qu'avec des indicateurs sanitaires " sinistrés ", la CGSS de la Guyane réadresse des fonds vers la métropole.
Toutes ces réflexions ont été clairement évoquées par le directeur de la DSDS et de la DSP, conscients des enjeux sur le plan de la santé publique.
Le syndicat des Médecins de la Guyane défend l'idée d'une médecine du bassin amazonien, tout comme les médecins de montagne défendent leur savoir faire…
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